Entre entrepreneur et inventeur, leur cœur balance!

Qu’ont en commun les entrepreneurs et les inventeurs? Et aussi, qu’est-ce qui les différencie?

La lecture de deux articles rédigés par Madame Yasmine Berthou et visibles sur le site de la Fondation de l’entrepreneurship, à la page du Centre de vigie sur la culture entrepreneuriale, m’a apporté quelques éléments de réflexion à ce sujet. Le 4 février dernier, le titre était « Stephan Peevers, l’éternel optimiste » et le 1er mars, « Robin Harvey : en perpétuel mouvement. »

Qui sont-ils?

Mais qui sont donc Stephan Peevers et Robin Harvey? Que font-ils dans la vie ces deux-là?

Quant à Stephan Peevers, il est propriétaire d’un commerce de vélos de forme allongée, situé à deux pas de la piste cyclable de la Rivière-des-Prairies, dans Cartierville, à Montréal : 1HPCycles et fournisseur officiel de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Il propose désormais des modèles de vélos à trois roues destinés aux accidentés de la route. « Grâce aux deux roues qui se situent à l’avant, les amoureux du vélo qui ne pouvaient plus pédaler en raison d’une perte d’équilibre peuvent à nouveau partir à l’assaut des pistes cyclables et c’est toujours un grand bonheur de les voir pédaler la première fois. » Mentionnons qu’il compte des clients à travers tout le Canada et également à Hawaï et en Floride.

Par ailleurs, depuis cinq ans, Robin Harvey, 32 ans, est à la tête des Confections KEC , une entreprise située à Albanel, petite bourgade de 2600 habitants située au cœur de la région du Lac Saint-Jean. Une voie qu’il a décidé d’emprunter après avoir obtenu un DEP en mécanique de véhicules de loisirs et après avoir créé un commerce de vente de pièces détachées pour VTT.

Un comportement d’entrepreneur!

Dans un article intitulé « Les idées », rédigé par Madame Louise Gendron et publié dans la revue L’Actualité du 15 mai 2002, nous pouvons recueillir l’opinion de Madame Patricia Pitcher, professeure d’administration à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal, concernant les entrepreneurs à l’esprit créatif comme Stephan Peevers et Robin Harvey semblent l’être.

Madame Pitcher a passé des années à étudier les méthodes de gestion de différents chefs d’entreprise s’intéressant principalement à ceux qu’elle appelle chaleureusement les artistes de la gestion, ceux qui ont réussi brillamment, souvent de façon peu orthodoxe. Elle déplore le fait que ces « artistes de la gestion » ne représentent qu’un faible pourcentage de la population, car elle considère que ce sont des entrepreneurs fort dynamiques et très innovateurs, de vrais bâtisseurs, conclue-t-elle! Son livre Artistes, artisans et technocrates dans les organisations (Presses des HEC) a été traduit en plusieurs langues et repris, entre autres, aux Etats-Unis.

Un comportement d’inventeur!

Parlons maintenant de l’esprit inventif de nos deux hommes :

Même si l’on ne fait pas mention d’une invention révolutionnaire, ni d’un équipement résultant de laborieux travaux d’un « patenteux » dans le cas de Stephan Peevers, il n’en demeure pas moins qu’il se comporte à plusieurs points de vue comme un authentique inventeur. Il fait la découverte du vélo à position allongée (VPA) lors d’un voyage en Californie et aussitôt, il voit une opportunité. En 1992, persuadé que les VPA sont les vélos du futur, il décide avec deux de ses amis de se lancer dans leur fabrication. Pendant trois ans, grâce aux nombreuses subventions qu’ils ont dégotées, ils montent leur propre entreprise. « Nous avons cependant réalisé que nous étions trop en avance sur notre temps et que le marché n’était pas prêt pour ce type de vélos. Je suis le seul à proposer ce type de produits et mon plus grand défi a été d’ouvrir un marché qui n’existait pas. » Heureux d’avoir comblé un vide, il sait qu’il doit tout à sa ténacité.

Quant à Robin Harvey, même s’il est aujourd’hui à la tête d’une équipe de cinq personnes (onze employés en haute saison), il n’a guère mis une croix sur son désir d’inventer et il continue de mettre au point des appareils tout droit sortis de son imagination. « J’ai créé une éolienne capable de fonctionner avec trois fois moins de vent que les éoliennes classiques et je travaille actuellement sur un moteur fonctionnant sans énergie, précise-t-il. » « Je me suis retrouvé à la tête de cette entreprise un peu par hasard, raconte-t-il. J’avais mis au point une sangle d’attache destinée aux sports d’aventure et j’étais à la recherche d’un moulin à coudre afin de les fabriquer quand l’ancien propriétaire des Confections KEC m’a proposé de racheter son affaire. Comme j’avais dû fermer mon commerce de pièces détachées après que l’immeuble dans lequel il se trouvait a été vendu, j’étais libre comme l’air. »

De telles attitudes, ça ressemble bien à l’idée que je me fais d’un inventeur. C’est quelqu’un en avance sur son temps, tenace et impatient de relever un défi lorsqu’il s’agit de combler un vide, de concevoir un produit différent ou d’ouvrir un marché qui n’existe pas! C’est aussi quelqu’un qui déteste faire du surplace, qui n’hésite pas à tout remettre en question et qui ambitionne de faire ce que les autres n’ont pas l’idée, ni le goût de faire.

Un pur hasard?

Qu’est-ce qui a conduit Stephan Peevers et Robin Harvey à faire carrière en entrepreneuriat au lieu de s’activer à expérimenter divers concepts et à fabriquer prototypes, esquisses, maquettes, échantillons, modèles, gabarits et à patenter divers machins susceptibles d’aboutir à une invention? Ils ne sont pas les seuls « artistes » à posséder à la fois des talents d’entrepreneur et d’inventeur. Mais qu’est-ce qui incite tous ces gens à l’esprit créatif, tous ces éternels insatisfaits, à choisir soit l’entrepreneuriat, soit le domaine de l’invention? Certaines fois, ce peut bien être le fruit du hasard comme ça semble être le cas pour nos deux entrepreneurs, mais je ne saurais en dire plus!

Une opinion!

Par ailleurs, un de mes mentors pense avoir trouvé quelque chose. Les créateurs à la personnalité extravertie et portés vers l’action auraient une préférence pour l’entrepreneuriat, alors que ceux qui en plus d’être introvertis, préfèrent retarder leur implication tant qu’ils n’ont pas envisagé la situation sous tous les angles, seraient plutôt du type inventif.

C’est son opinion et je la respecte, mais quant à moi, je préfère y réfléchir encore un peu, longtemps même, avant de me prononcer!

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