Être entrepreneur, un métier ?

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Cet article fait suite à mon billet «Naît-on entrepreneur ou le devient-on?». La question «Entrepreneur, est-ce un métier ?» provient du blogue de Pierre Duhamel sur Cyberpresse.ca (1 idée pour gagner). Comme j’en ai l’habitude, je me suis permis de reprendre celle-ci sur Twitter, Linked Québec et de prendre connaissance des commentaires laissés sur le blogue de Pierre Duhamel dans le but de recueillir diverses opinions pour rédiger la réflexion qui suit. J’en ai profité également pour compléter le tout avec mes commentaires.

«L’entrepreneurship est un état d’esprit, et non une profession.»

C’est ce que mentionne Chris Arsenault, associé chez iNovia Capital, dans les commentaires de mon article «Naît-on entrepreneur ou le devient-on?». Selon lui, il est possible d’apprendre à devenir un meilleur entrepreneur mais pas de devenir un entrepreneur. «Nous avons besoin, comme société, de célébrer et d’apporter du soutien à nos entrepreneurs en technologie plus que jamais car notre capacité d’innover et de s’adapter comme société est maintenant une question de survie, d’avenir. Mais détrompez vous, la capacité de vivre avec l’angoisse, le stress et faire face constamment à la page blanche et de partir et créer, n’est pas quelque chose que l’on apprend à moins d’avoir la fibre entrepreneurial déjà en dedans de nous !  » dit-il.

Je ne semble pas être la seule à partager son avis. Chaher Mohamed, journaliste Télévisuel chez TéléMag, mentionne sur Linked Québec qu’il y a dans la vie des timides, des braves comme il y a aussi des entrepreneurs. Il fait référence à John Holland, un spécialiste en orientation de carrière qui abonde vers ce sens. John Holland a mis au point le code Holland ou code RIASEC qui permet d’identifier 6 types de personnes au travail :

• Réaliste : travailleur manuel surtout
• Investigateur : esprit d’analyse scientifique
• Artistique : artiste
• Social : aime aider les autres (psychologue)
• Entrepreneur : homme d’affaires qui fait preuve de leadership
• Conventionnel : aime respecter les instructions qu’on lui donne et effectuer une tâche régulière
source – Wikipedia )

Selon M. Holland, chacun de nous possède une personnalité avec des degrés plus ou moins importants de chaque type. Les 3 premiers types ( réaliste, investigateur et artistique ) ont une influence significative sur la manière d’être ou d’agir personnellement et professionnellement. Des emplois précis correspondent à chacune de ces familles. Vous pouvez consulter ce site Webpour connaître votre profil.

Voici ce que l’on dit sur l’entrepreneur : Votre enfant est un leader naturel. Il est celui qui prend les décisions ou qui oriente les choix de son groupe d’amis. Il aime vendre ses idées, proposer des façons de faire. Il a beaucoup d’énergie et caresse de grands projets. Aidez-le à réaliser ses rêves et donnez-lui l’occasion d’exprimer ses opinions. Source.

Les entrepreneurs se distinguent par des caractéristiques telles que : l’orientation sociale (travailler avec les autres), l’esprit d’entreprise, puis enfin viennent les compétences acquises. Si l’on s’entend sur le fait que l’entreprenariat est innée, on s’entendra aussi pour en déduire que cette qualité pourra s’épanouir dans toutes les sphères de la vie de l’individu qui en est pourvu. Et c’est ici qu’un métier entre en jeu. Cet individu se sera nécessairement intéressé à un champ d’activité professionnel (par le biais de l’école ou comme autodidacte). Une fois cette sphère choisie, plutôt que d’intégrer une boîte et couler de beaux jours , l’entrepreneur va ouvrir sa propre entreprise dans ledit secteur. Ainsi l’entrepreneur est une personne qui aime fondamentalement un métier, voire plusieurs. Ce qui le différencie c’est qu’il va tenter de le développer dans ce qui sera sa propre entreprise. Pour conclure, je répondrais à la question : »Entrepreneur, est-ce un métier? » par ceci: c’est une qualité intrinsèque! - Chaher Mohamed

Toujours sur Linked Québec Stéphane Parent, président chez Événement’ciel, mentionne qu’il s’agit d’un style de vie et une vocation, mais pas d’un métier. Marc Gagnon, directeur Développement et Soutien aux Réseaux des ventes chez La Capitale Groupe Financier, partage son avis en ajoutant que c’est la chose la plus difficile à trouver, en tant que recruteur. «Tu es entrepreneur ou tu ne l’es pas.» dit-il.

Christine Morency, artiste peintre, poursuit en disant qu’il s’agit d’un trait de caractère, quelque chose que tu portes en toi. : «Je me suis rendu compte que j’étais entrepreneure quand je changeais systématiquement de travail étant jeune. Dès que je commençais à travailler à un endroit, je voulais tout changer, mettre les choses à ma manière, innover, etc. Il m’a fallu passer à mon propre compte pour enfin entreprendre ce que je voulais comme je le voulais. Je ne crois pas que ça s’apprend d’être entrepreneur, c’est en soi ou pas.» dit-elle.

«C’est un art….c’est comme jouer au hockey comme du monde ou faire du ski de bosses comme un pro…. Il y a des gens qui l’auront jamais.» – Commentaire de respectable sur le blogue de Pierre Duhamel.

«… il s’agit plutôt d’être bon dans ce qu’on fait, mais on ne peut pas juste être un entrepreneur, il faut avoir quelque chose à offrir.» Commentaire de raoul914 sur le blogue de Pierre Duhamel.

«…les entrepreneurs ont des points communs entre eux dans divers secteurs d’activité, mais ce qui fait que vous êtes bons dans un domaine ne vous garantit pas le succès dans un autre.» … «Être commerçant avec de l’ambition et brasser des affaires, je pense que cela commence très jeune et que l’on peut l’avoir dans le sang aussi. Certains ont peut-être plus une vocation de conseillers ou si c’est pour l’entrepreneuriat c’est à plusieurs. Car il faut une énergie du tonnerre pour diriger des grandes entreprises.» Commentaires de lecteur_curieux sur le blogue de Pierre Duhamel.

Enfin, en ce qui me concerne, j’ai tendance à mettre le titre entrepreneur en avant plan car c’est ce qui me définit le plus.

J’ai un grand intérêt pour les arts visuels, le web et les nouvelles technologies et jusqu’à présent, bien que mes études soient en graphisme et infographie, j’ai exercé plusieurs professions en lien avec ces domaines. Ce qui me passionne le plus par contre c’est d’entreprendre un projet et d’y aller jusqu’au bout, le rendre à terme. Rien n’est parfait dans mon parcours et je ne cesse d’apprendre par mes erreurs. J’ai toutefois cette soif de toujours aller plus loin et de me surpasser, d’innover pour rendre mes projets rentables.

J’ajouterais qu’il ne faut pas oublier qu’il existe différents types d’entrepreneurs. Chaque entrepreneur a des objectifs professionnels, une vision, une mission, des valeurs, etc. Le succès de l’entrepreneur varie, à mon avis, selon ces éléments. Certains se rendent plus loin que d’autres parce qu’ils auront eu l’occasion de développer le «être entrepreneur» plus tôt. Ils ont entre autres demandé de l’aide à des coachs ou mentors. Rien n’enlève par contre le fait qu’ils peuvent avoir comme qualité ou état d’esprit l’entrepreneurship.

Alors pour conclure ma réflexion, à la question Être entrepreneur, un métier ?, je répondrais qu’il est possible d’apprendre à devenir entrepreneur de la même façon qu’une autre profession mais que les résultats dépendent de plusieurs facteurs dont celui d’avoir le «être entrepreneur» dans le sang et d’avoir eu l’occasion de le développer tôt.

Qu’en pensez-vous?


  • Pingback: Kim Auclair: Être entrepreneur, un métier ? | Pierre Duhamel

  • http://twitter.com/clemh Clément Huber

    Excellent billet. Bravo.

  • http://www.jelefaispourmoi.com SabDumais

    Très bon billet Kim :)

  • Sylvie Bougie

    J'adore! Les différents intervenants cités dans ton article voient vraiment juste à mon avis! Je me suis vraiment reconnue dans ton article!

  • Luc Bisson Ph.D

    Bonjour Kim. Bonne réflexion.

    Toutefois, selon moi, il manque deux « dimensions » importantes dans la réflexion autour de l'entrepreneur. D'abord, et je crois qu'il s'agit du fondement même de l'entrepreneur, c'est-à-dire la propension à prendre des risques (calculés) et d'innover (continuellement). Deux éléments fondamentaux qui sont innés, selon moi. En somme, ce loin d'être évident pour bien des gens (même des gens d'affaires) de prendre des risques, même calculés.

    Donc, selon cette dimension, mettre plusieurs sous ($) pour ouvrir un Tim Hortons ne qualifie pas cette personne comme entrepreneur (pas plus qu'ouvrir un restaurant Cage aux Sports) car ses risques sont minimes étant donné les études de marché (viabilité financière entre autres) réalisées par la maison mère.

    Toutefois, démarrer une nouvelle usine de transformation de produits (par exemple des pièces destinées au marché de l'automobile) comporte des risques beaucoup plus grands même si ces risques sont calculés d'avance (part de marché, plan d'affaires solide, entente avec des constructeurs en poche, etc.).

    Ensuite, un entrepreneur « innove » constamment. C'est dans sa nature de ne jamais se contenter du produit ou du service, il vise toujours plus haut, meilleur tout en ayant comme objectif de prendre la totalité du marché. En fait, exactement comme Steve Jobs d'Apple, un entrepreneur doit innover sans arrêt. S'il n'innove pas ou pratiquement jamais, comme par exemple lorsque tu sers de beigne et du café dans un Tim Hortons, tu n'es, selon moi, pas dans la catégorie d'entrepreneur, mais bien d'investisseurs dans un commerce aux risques minimums.

    En somme, pour moi, être entrepreneur n'est pas un état d'esprit, ni une profession, ni un métier, mais une vocation. Une vocation qui mène à prendre des risques calculés, à innover et à toujours viser plus haut afin d'être le meilleur dans son domaine. Enfin, viser plus haut n'est pas synonyme avec faire plus d'argent, car l'entrepreneur ne vise pas l'enrichissement monétaire selon moi, mais bien l'enrichissement intellectuel et collectif de l'ensemble de son organisation.

    Voilà, c'était mon petit point de vue.

    Et comme tous les points de vues, ils sont sujets à des débats.

    Bonne journée.

    Luc Bisson Ph.D
    Rimouski, Québec.

  • Pingback: Challenge pourquoi entreprendre : votre définition de l'esprit entrepreneur | Pourquoi entreprendre ?

  • http://twitter.com/QuebecCarriere François-Xav. Harbec

    Bonjour Kim. C'est très bien! Je suis finissant en développement de carrière (orientation) et dieu sait qu'on connait Holland et le code RIASEC. J'ai remarquer que le E (le type dominant le plus répandu dans notre société) est quelqu'un qui parle de « choses » concrète et est très habile à INFLUENCER socialement ce qu'il veut faire parvenir (ce n'est pas mauvais ou bon en soit, c'est une constation). L'autre archetype essentielle au DÉVELOPPEMENT et à l'INGÉNIOSITÉ c'est celui de l'Artiste (cerveau droit, intellect). Celui-ci, généralement généré dans les milieux aisés, créé ce que j'appele des « technocrate ». Doté d'une créativité, d'un esprit qui aime danser sur la logique des choses, et qui ne s'impose jamais de limite (c'est même l'absence de limite qui créé son inspiration) est le réel « cerveau » derrière la l'initiative d'une invention, du développement et de la création (par le biais des idées appliquées). Malheureusement, les artistes ne sont pas du tout habile à INFLUENCER ou à persuader son environnement, ils se retrouvent souvent comme des poètes malcompris (ou millionnaire riche à craquer ;). Or, un entrepreneur qui veut INNOVER une technologie doit, soit être artiste lui-même, ou (s'il est un gros E) accorder une grande importance inégale à un Artiste et ne pas l'étiqueter (comme il sont si bon à le faire!) la personne. Les A +++ paraissent souvent comme les bizarres, sont généralement asocial et non-conformiste. Montrer leur de l'intérêt et il vous le rendront bien s'il aime ce que vous voulez faire.

  • Pingback: Ernst & Young : on ne naît pas entrepreneur, on le devient | Kim Auclair

  • Pingback: Kim Auclair: Selon Ernst & Young, on ne naît pas entrepreneur, on le devient | Pierre Duhamel

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