Entrevue avec mon mentor
Des témoignages vantant les avantages du mentorat, j’en ai fait sous diverses formes et, à chaque occasion, ce sont surtout mes propres expériences que j’ai tenu à partager.
Aujourd’hui, c’est de mon mentor, de sa personnalité, de ses aspirations et de la satisfaction qu’il retire de ses activités de mentorat dont je veux vous entretenir. Je l’ai interviewé et voici un bref résumé des principaux thèmes abordés.
Sa motivation
Maintenant à la retraite, mon mentor considère avoir dépassé l’âge de brasser des affaires et préfère plutôt jeter son dévolu sur le bénévolat, dont le mentorat.
Il aime inculquer le goût de l’entrepreneuriat à de plus jeunes pour après les aider dans leurs démarches.
Il tire une grande satisfaction à accompagner de jeunes entrepreneurs enthousiastes, guidés par leur intuition. En plusieurs occasions il lui est arrivé de voir de jeunes entrepreneurs très talentueux obtenir du succès là où lui-même aurait probablement subi un échec. Il faut dire que plusieurs d’entre eux peuvent compter sur une solide formation académique, ce qui n’est pas son cas, malheureusement.
Pour mon mentor, accompagner quelqu’un, ce n’est pas faire le travail à sa place, surtout qu’il est convaincu que délégation et efficacité vont de pair.
Une source inépuisable de documentation
La rédaction d’articles destinés à des revues, à des journaux, à des sites web ou tout simplement à mon blogue, nécessite que je me documente constamment. Chaque fois que j’ai besoin de lui, mon mentor entre en scène.
Selon la situation, il choisira soit de :
- me recommander la lecture de livres ou des sites Web spécialisés;
- me résumer le contenu d’un livre. De cette façon, il s’assure que je tienne compte de ce qu’il considère essentiel dans l’ouvrage, afin que nous demeurions sur la même longueur d’onde.
À première vue, certains diront que mon mentor agit comme un recherchiste, ce qui est bien loin du rôle de mentor qu’il s’est lui-même assigné. Toutefois, il m’a confié que ces actions sont autant de façons qu’il privilégie pour me passer des messages et me transmettre ses valeurs.
Le décrochage scolaire
Cela peut sembler paradoxal pour plusieurs, mais mon mentor est d’avis que certains décrocheurs possèdent des talents naturels pour l’entrepreneuriat et il aimerait bien les aider à en tirer profit. Il parle ici d’une catégorie restreinte de décrocheurs, soit ceux classés par les spécialistes dans la catégorie du type second, c’est-à-dire les indépendants à l’esprit créateur.
Se basant sur une étude réalisée il y a quelques années par le Ministère de l’Emploi et de l’Immigration définissant les profils des décrocheurs, il se dit convaincu qu’il existe des similitudes réelles entre la personnalité de ces décrocheurs et celle des gestionnaires de grand talent, ceux qu’il appelle des « bâtisseurs ». Il cite en exemple les Péladeau, les Desmarais, les Beaudoin, les Chagnon, les Bélanger, les Lemaire, les Castonguay, les Coutu, etc.
En effet, autant les bâtisseurs que ces décrocheurs :
- semblent mal à l’aise dans les structures usuelles;
- acceptent mal les idées préconçues;
- semblent avoir foi en leurs opinions;
- sont portés à contester des concepts pourtant acceptés par la masse;
- sont irrités par la routine;
- refusent de se soumettre à un horaire rigoureux; et
- sont considérés comme des marginaux.
Mon mentor peut bien être conscient que plusieurs talents formidables demeureront inexploités, mais que peut-il faire de plus? Leur en faire prendre conscience, peut-être? Mais comment peut-il le faire, seul et sans outils? Son domaine, dit-il, c’est le mentorat d’affaires, pas l’éducation!
Une façon bien personnelle d’exercer un leadership
En consultant bon nombre de biographies de gens d’affaires, mon mentor en est venu à la conclusion que chaque gestionnaire privilégie une façon qui lui est propre d’exercer son leadership.
Certains se sentent vraiment à l’aise lorsqu’ils sont à l’avant-scène, alors que d’autres préfèrent demeurer plus discrets et déléguer certaines activités à des porte-parole. Et ce n’est pas par modestie qu’ils restent peu visibles, c’est plutôt leur propre façon d’exercer leur leadership.
Mon mentor préfère demeurer discret, car c’est comme cela qu’il se sent le plus à l’aise. De mon côté, j’aime bien être à l’avant-scène surtout lorsque je me sens appuyée. On se complète à la perfection, vous ne trouvez pas?
Je savais déjà que les gestionnaires de grand talent, « les bâtisseurs » ont tous quelque chose en commun. En effet, ils se différencient du reste de la population tant par certains traits de leur personnalité que par leurs agissements pas toujours conformes à nos traditions. Cependant, même si plusieurs ont reçu une formation équivalente en gestion, il est visible que chacun développe sa propre méthode de gestion.
Aussi, mon mentor m’a convaincue que même si tous les mentors sont animés d’une volonté commune d’aider, chaque mentor opère à sa façon et c’est comme ça qu’ils sont le plus efficaces. Les opinions exprimées dans le texte suivant ne reflètent pas nécessairement les opinions des auteurs du présent site Web ou celles du gouvernement du Canada.
Présidente et animatrice de communauté Web chez 











