Quand l’entrepreneur apprend à utiliser les différentes sources et stratégies de financement pour son entreprise

À l’occasion du retour du Défi Les Anges Financiers, une initiative de la Jeune Chambre de commerce de Montréal en collaboration avec Anges Québec permettant le maillage entre les jeunes entrepreneurs et les investisseurs privés de Québec, je vous présenterai tel qu’annoncé le 18 août 2011, quelques entrepreneurs finalistes des anciennes éditions durant les prochaines semaines.

Aujourd’hui, je vous présente Éric Quenneville, chef de la direction de Biomomentum.

Créée en avril 2009 par Éric Quenneville et Martin Garon,  Biomomentum est une entreprise qui offre des services de tests biomécaniques en laboratoire en utilisant ses testeurs mécaniques et son expertise de pointe en biomécanique. Les services et produits offerts par Biomomentum consistent en des solutions pour l’évaluation des biomatériaux. L’entreprise s’est positionnée dans cette niche spécialisée et peu exploitée du marché des tests biomécaniques parce qu’elle requiert une expertise de pointe peu répandue dans l’industrie.

Biomomentum poursuit aussi le développement et la commercialisation d’un dispositif médical permettant l’évaluation du cartilage durant une procédure arthroscopique, l’Arthro-BST TM, de même que ceux d’un testeur mécanique de grande précision, le Mach-1 TM , conçu principalement pour la caractérisation de biomatériaux et de matériaux mous.

Les marchés associés aux produits et aux services offerts sont importants et en croissance. La niche visée par les Mach-1 TM et les services de tests représente un marché global estimé à environ 60 M$/an et quelques compétiteurs y sont présents. Pour l’Arthro-BST TM, le marché total mondial est estimé à environ 230 M$/an et, pour l’instant, ce produit n’a aucune concurrence directe. Les clients potentiels sont principalement des organisations contractuelles de recherche, des scientifiques affiliés à des universités ou à des centres de recherche, des ingénieurs, des techniciens spécialisés ou des chirurgiens orthopédiques.

Ce qui compte tout autant que l’accord financier, c’est l’accord des personnalités et des visions pour l’entreprise. - Éric Quenneville

Kim Auclair : Racontez-nous la première année de démarrage de votre entreprise. À quel type de difficulté avez-vous été confronté durant cette période par rapport au financement de celle-ci ?

Éric Quenneville :  Biomomentum a été fondée par essaimage en avril 2009 par Martin Garon et moi-même. Nous avons acheté la propriété intellectuelle et les inventaires du Mach-1™ et de l’Arthro-BST ™. La gamme des testeurs mécaniques Mach-1™ étant sur le marché depuis 1999, nous avons eu la possibilité de faire des ventes dès la première année d’opération. Cela a sûrement été un facteur clé dans le démarrage de Biomomentum. L’achat de ces technologies a été une aventure complexe et de longue haleine, le tout s’étant finalisé seulement en novembre 2010 avec le soutien d’Investissement Québec et de Développement Économique Canada.

En plus de réinvestir tous les profits sur les ventes à cette fin, nous nous sommes tournés vers des programmes d’aide au démarrage aux entreprises et nous avons participé à quelques concours. Afin de nous aider avec la structuration initiale de l’entreprise et avec l’identification des sources potentielles de financement, nous avons eu recours aux conseillers du Centre d’Entrepreneurship HEC-Poly-UdeM et du Centre Local de Développement de Laval. Ces centres d’aide à l’entrepreneuriat constituent souvent la porte d’entrée aux programmes d’aide gouvernementale. Nous avons bénéficié de la mesure de Soutien au travail autonome d’Emploi-Québec, un apport essentiel pour financer les salaires lors de notre première année d’exploitation. Nous avons aussi pu financer près de la moitié du salaire d’un employé affecté au marketing à l’aide d’une subvention salariale d’Emploi-Québec. De plus, nous avons également été récipiendaires de la bourse Jeunes Promoteurs de Laval, nous avons été finalistes au Concours Entrepreneurship et Innovations de HEC-Poly-UdeM et nous avons remporté le premier prix au Concours Québecois en Entrepreneuriat dans la catégorie Innovations technologique et technique.

KA : Parlez-nous de votre cheminement depuis le Défi Les Anges financiers. Vous avez entre autre reçu une offre d’investissement et refusé celle-ci. Qu’avez-vous retenu de cette expérience?

ÉQ :  Nous avons participé au Défi Les Anges financiers 2010. Nous avons été l’une des trois entreprises finalistes devant présenter son projet devant l’assemblée des anges financiers. À la suite de cette présentation, nous avons été conviés pour discuter plus en détail de notre projet avec un groupe d’« Anges ». Nous avons reçu une offre d’investissement pour nous permettre d’accélérer la mise en marché de l’Arthro-BST™. Toutefois, nous ne sommes pas parvenus à nous entendre quant à la valorisation de l’entreprise. Cette dernière est souvent la pierre d’achoppement lors d’un financement. Comme notre situation financière était saine, grâce à nos ventes de services de tests et de testeurs mécaniques, nous avons préféré ne pas diluer notre actionnariat. En affaires, ça bouge rapidement, mais nous pensons que la patience a aussi ses vertus !

KA : Quel genre de défis êtes-vous en train de relever?

ÉQ :  Dans le secteur des dispositifs médicaux, la pénétration des marchés est difficile et les étapes à franchir avant la mise en marché sont complexes. Nous venons de recevoir la certification ISO13485:2003 (dispositifs médicaux) pour l’Arthro-BST™. Ce récent accomplissement est le résultat d’années d’efforts et d’acharnement et nous en sommes très fiers. Aussi, en juillet dernier, ce dispositif pour l’évaluation du cartilage articulaire a reçu l’homologation de Santé Canada, ce qui nous donne maintenant accès au marché canadien. Notre dossier technique pour le marquage CE est présentement en évaluation et nous avons entamé les préparatifs en vue d’obtenir une homologation américaine. Les défis associés à la commercialisation d’un tel dispositif médical sont considérables, mais nous avons la motivation nécessaire pour les surmonter.

KA : Qu’est-ce qui vous a marqué le plus suite à votre passage au Défi Les Anges financiers. Quelles leçons avez-vous retenues ?

ÉQ : Le concept de l’ange financier arrivant dans l’entreprise avec son expérience, son réseau de contacts, ses succès et son argent est une stratégie de financement dans laquelle nous croyons. Ce qui compte tout autant que l’accord financier, c’est l’accord des personnalités et des visions pour l’entreprise. La formation sur les différentes sources et stratégies de financement donnée dans le cadre du défi a été très bénéfique et nous sera sûrement utile tout au long de notre parcours d’entrepreneurs.

KA : Un entrepreneur pour vous c’est….

ÉQ : Un être créatif prêt à assumer les risques associés à la concrétisation d’un projet qui lui tient à cœur et qui transforme son inspiration en une entreprise profitable pour lui et la société.

KA : Quels sont les 5 conseils que vous donneriez à un entrepreneur qui est à la recherche de financement pour son projet d’entreprise?

  • Commencez par faire une évaluation RÉALISTE de vos besoins en matière de financement pour une période d’au moins trois ans.
  • Même s’il y en a très peu au Québec, débutez par les subventions gouvernementales et les concours.
  • Pensez à développer des moyens de vous autofinancer. Dans certaines petites entreprises innovantes, il est aussi possible de vendre de l’expertise ou des produits simples afin de financer le développement du produit-vedette.
  • Toutes les sources de financement ne sont pas adaptées à toutes les entreprises. Magasinez et faites-vous conseiller.
  • Soyez patient !

Consulter les autres entrevues

Voici les entrevues réalisées. Bonne lecture

- Hicham Ratnami, co-fondateur de Modasuite. : Quand l’entrepreneur acquiert de l’expérience grâce à des anges investisseurs.

- Jean-Marc Félio, président de Leading Boards : Quand les anges investisseurs permettent à l’entrepreneur de renforcer son réseau de contacts.

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About Kim Auclair

Entrepreneure passionnée, j'ai développé, au fil des années, une riche expérience dans le domaine du Web. J'ai fondé, en 2005, MacQuébec. Je suis actuellement présidente chez Niviti, une entreprise de services-conseils en création, animation et gestion de communauté Web pour les décideurs d'entreprise. Suivez moi sur et Twitter

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  1. Quand les anges investisseurs permettent à l'entrepreneur de renforcer son réseau de contacts. | Kim Auclair - 15 sept 2011

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