Un lecteur de mon blogue m’a partagé qu’il recherchait du financement pour lancer un projet d’entreprise, mais qu’il avait peur d’en parler sur Web. Peur qu’on lui vole son idée.

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, sachez que je comprends votre inquiétude. Et comme plusieurs entrepreneurs, je suis passée par là.

La raison de cet article n’est pas de revenir sur l’importance de partager votre idée le plus rapidement possible, car j’ai déjà écrit sur le sujet. Je souhaite plutôt apporter une réflexion complémentaire.

Comme vous, j’ai déjà été fière d’une idée et motivée à la mettre en place. Je voulais absolument la protéger. Je me suis donc mis à faire des recherches sur la protection d’une marque, les différents types de brevets, les droits d’auteur, les clauses de confidentialité, etc. avant même de commencer à la tester.

Le problème avec ce comportement c’est que vous pensez qu’une autre personne pourrait s’intéresser autant que vous à votre idée et l’utiliser.

Et bien, sachez qu’avoir une idée ne veut pas nécessairement dire avoir un bon produit.

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Cette personne, tout comme vous, doit être prête à y consacrer beaucoup de temps pour la mettre en place. Elle doit mettre de côté ses projets en cours autant sur le plan personnel ( famille, par exemple ) que professionnel, pour trouver les ressources nécessaires, développer, tester, etc. jusqu’à ce qu’il y ait une première version du projet qui soit présentable. Cette personne a généralement autant de chances que vous de ne pas concrétiser le projet. Si elle a les capacités pour y parvenir, il sera difficile pour elle de tout mettre de côté pour se lancer à temps plein dans une nouvelle aventure.

Le sentiment d’avoir peur que notre idée soit volée n’est qu’une raison de ne pas se mettre au travail, à mon avis. Et ce, même si vous dites que votre idée n’a jamais été réalisée et que vous vous attaquez à un nouveau marché. La plupart des projets qui réussissent sont d’ailleurs inspirés d’idées qui ont déjà fonctionné.

Lorsque vous vous présentez dans un événement comme le Startup Week à Québec, partager votre idée publiquement avec d’autres entrepreneurs permet, en quelque sorte, de vous faire connaître en tant que porteur de l’idée. Les gens sauront que c’est vous qui l’avez présentée en premier. Ce sera dans votre devoir ensuite de la réaliser et d’en faire un projet concret pour garder ce titre. Sinon, une autre personne le fera et sera considérée comme celle qui l’a exécutée.

Si vous pensez avoir trouvé la bonne idée, il y a certainement 10 autres personnes dans le monde qui ont eu la même que vous. Vous comprenez maintenant que tout est dans l’exécution de l’idée. L’important est d’être le premier à la mener jusqu’au bout.

En passant, je ne dis pas qu’il faut ignorer les brevets à 100%. Sans être experte sur le sujet, je sais qu’ils sont nécessaires pour certaines entreprises qui oeuvrent dans des domaines scientifiques ou encore pour d’autres qui attaquent le marché international. Je vous encourage tout simplement à passer à l’action au lieu d’avoir peur, car la meilleure façon de sécuriser votre idée est de la concrétiser. Pour vous protéger, vous pouvez aussi mettre en avant plan des éléments qui peuvent vous différencier. Il peut s’agir, par exemple, d’avoir une bonne équipe, un bon service à la clientèle , une culture d’entreprise qui attire les talents, un site Web qui se démarque, etc. Ou encore de tout simplement continuer d’innover dans votre secteur d’activité en restant à l’écoute des besoins de vos clients.

Et si vous pensez que la recette idéale pour vous lancer est d’avoir une idée unique et du financement, vous vous trompez. Pour avoir parlé à différents entrepreneurs qui sont passés par là, j’ai compris que plusieurs idées qui ont été financées par des investisseurs afin d’assurer leur développement et leur croissance rapides vivent plus ou moins longtemps et meurent. Elles sont toujours reprises, adaptées, améliorées et échangées. Si elles fonctionnent, les entrepreneurs ont souvent testé différentes hypothèses avant de tomber sur la bonne piste à suivre.

Il y a quelques années, par exemple, une émission de télévision pour enfants a été lancée et reprenait une idée que j’avais commencée à écrire sur un document, mais que je n’avais pas partagée publiquement. La première réflexion que j’ai eue en voyant l’initiative est que j’aurais aimé y participer autrement, mais d’un autre côté, est-ce que j’avais réellement le temps d’entreprendre ce projet ? Est-ce que j’avais les ressources nécessaires dans mon entourage pour m’accompagner ? Est-ce que j’aurais été prête à mettre de côté Niviti et MacQuébec ?

Ma réponse : non.

Une bonne façon de voir le tout autrement est de se dire que si une autre personne reprend votre idée, c’est qu’elle l’a appréciée. Cela ne veut toutefois pas dire qu’elle l’exécutera comme vous. Et comme je le disais plus haut, des idées, tout le monde peut en avoir. Ce qui fera de vous un entrepreneur c’est que vous passerez à l’action pour l’exécuter le plus rapidement possible.

Donc, arrêtez d’avoir peur de partager vos idées et posez-vous les questions suivantes la prochaine fois que vous en aurez une en tête :

  • Ai-je les connaissances du marché que je vise ?
  • Ai-je les ressources nécessaires pour m’aider à mettre en place mon projet ?
  • Ai-je testé mon idée sur le terrain, c’est-à-dire auprès de personnes que je ne connais pas ?

Je vous ai convaincue maintenant de passer à l’action ? Voici quelques articles qui pourront vous aider :

Dans un autre ordre d’idées, j’aimerais savoir ce qui vous tracasse le plus. De quoi avez-vous peur exactement ? Partagez-moi vos réflexions.

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