La culture entrepreneuriale des « femmes d’affaires » est en plein essor au Québec. Les femmes qui veulent se lancer en affaires aujourd’hui sont de plus en plus nombreuses.

Le 19 août 2011, Jocelyne Munger, cofondatrice et directrice générale de Mon projet d’affaires était l’invitée à l’émission RDI Économie de Gérald Fillion à Radio-Canada. Elle a parlé de la situation de l’entrepreneuriat féminin au Québec. À la question « quels sont les défis pour les femmes qui veulent se lancer en affaires ? » madame Munger répondait  «Le plus grand défi, se trouver du financement».

Bien qu’il existe peu de données récentes concernant l’état de l’entrepreneuriat féminin au Québec, le mémoire collectif de Femmessor publié en janvier 2011, intitulé  L’Entrepreneuriat féminin comme stratégie de développement économique au Québec, mentionne qu’en 2000, dans le « Portrait statistique des femmes entrepreneures »le Gouvernement du Québec confirmait ce fait. Je cite :

Parce que leurs entreprises sont plus jeunes, parce que l’accès au crédit pour les Québécoises est relativement récent et que la culture entrepreneuriale des « femmes d’affaires » est en plein essor, parce qu’elles portent des valeurs entrepreneuriales différentes, les entrepreneures font face à plusieurs obstacles : concentration dans des secteurs d’activités traditionnellement féminins, manque d’expérience pertinente, pénurie de réseaux d’entraide, double tâche : travail et responsabilités domestiques et familiales, accès au financement. Sans l’aide des ressources sur le terrain, celles-ci risquent de voir leur projet s’essouffler très rapidement.

Suite à cette entrevue de Jocelyne Munger, je tenais à préciser qu’il existe des organismes ayant pour mission de soutenir l’entrepreneuriat féminin qui offrent du financement pour aider dans le démarrage d’entreprise. Femmessor-Montréal en est un. Depuis le début de ses activités en 2008 l’organisme a accordé à 33 entreprises 568 150$ de prêts.

Quelques faits intéressants

Voici d’autres faits intéressants provenant du mémoire de Femmessor que je partage avec vous :

Quant au Québec, on remarque que les entreprises dirigées par des entrepreneures créent beaucoup plus d’emplois. De 1986 à 2005, la croissance des entrepreneures-employeuses est de 97 % alors qu’aucune croissance n’a été constatée chez leurs homologues masculins. Aussi, on remarque une croissance de 102 % de femmes entrepreneures sur le marché contre 26 % pour les hommes.

Cet engouement pour l’entrepreneuriat chez les femmes arrive à point puisque celles-ci s’établissent en affaires en moyenne à 34 ans et que leur moyenne d’âge est de 44 ans au Québec et de 48,5 ans au Canada, âge auquel l’homme commence à se retirer du marché. De plus, la scolarisation, toujours plus élevée de ces dernières, représente un atout et un potentiel entrepreneurial à dynamiser, à soutenir et à encourager partout au Québec.

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Effectivement, malgré le discours de coulisse véhiculant qu’il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes d’affaires en ce qui concerne leurs besoins, notre expertise terrain et les tendances observées démontrent que les femmes ajoutent un nouveau visage au modèle historique de « l’homme d’affaires ». De plus, notons que différentes recherches, notamment celles de la Banque du Canada, de l’OCDE ou de l’Association des comptables généraux accrédités du Canada, démontrent que les entrepreneures ont des comportements et des traitements différents.

……

Pourtant, on observe toujours un retard au Québec au niveau de l’entrepreneuriat féminin par rapport à celui du Canada. L’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique sont les provinces où l’entrepreneuriat féminin est le plus développé et sont aussi les provinces dites riches ayant des taux de chômage inférieurs à celui du Québec. Ce constat, fort intéressant, rend encore plus pertinent le soutien du gouvernement du Québec à notre filière « ne serait- ce que pour rejoindre la moyenne canadienne ».

5 femmes dont on entend le plus parler au Québec

Il existe plusieurs entrepreneures/femmes d’affaires qui ont laissé leurs traces au Québec. Selon moi, cinq d’entres-elles se sont démarquées autrement. Ces femmes sont :

Monique Leroux, Présidente et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins;
Christiane Germain
, Coprésidente du Groupe Germain
Cora Tsouflidou
, fondatrice des restaurants Cora
Lise Watier,
fondatrice de Lise Watier Cosmétiques
et Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life pour le Québec.

Par pur plaisir, j’ai repéré, en lisant des articles sur le Web, cinq phrases motivantes provenant d’elles ou à leur sujet. Les voici :

«Nous devrions tous pouvoir exposer nos idées et en débattre dans le respect et la confiance.» – Monique Leroux faisant référence au fait qu’elle déteste l’exclusion. Source : Monique Leroux: L’équilibriste, Lesaffaires.com

Le secret de Christiane Germain : un savant équilibre entre l’émotion et le rationnel. Chaque décision repose sur deux piliers : le travail et une sérieuse analyse du marché. Source : Christiane Germain : «Si j’avais été consciente des risques, je n’aurais pas plongé de cette façon» , Lesaffaires.com

«À ses débuts, l’entreprise a eu besoin d’un chef d’orchestre comme moi, prêt à occuper tous les postes en même temps, un chef d’orchestre qui avait la persévérance, l’endurance… Je pense que je possédais aussi une autre qualité extraordinaire : j’étais une mère.» – Cora Tsouflidou Source : Cora Tsouflidou : Réussir à céder la barre, Lesaffaires.com

«Je ne l’ai jamais senti parce que j’étais la mieux placée pour savoir ce dont je parlais. Je suis une femme, j’aime les femmes parce que j’ai toujours travaillé pour elles, je les comprends. Je n’avais aucun complexe. Et aucun banquier ne pouvait en savoir plus que moi sur ce que je faisais.¢ Répond Lise Watier à la question est-ce que c’est plus difficile pour une femme d’être en affaires ? Source : Pionnière du leadership au féminin, Lesaffaires.com

«Je sais trop bien que le parcours d’autodidacte n’est pas un gage de succès. Au contraire! Il est rempli d’écueils dans lesquels j’aurais pu tomber. Et puis, il faut travailler comme un fou pour établir sa crédibilité.» Isabelle Hudon  Source : Du succès sans les études, Jobboom

Les organismes de soutien à l’entrepreneuriat féminin au Québec

À titre d’information, Outre les Femmessor et Mon projet d’affaires, il existe d’autres organismes qui soutiennent l’entrepreneuriat féminin au Québec. En voici quelques uns :

Association des femmes entrepreneures du Québec : http://www.afequebec.com/
Réseau des femmes d’affaires du Québec : http://www.rfaq.ca/
Compagnie F : www.compagnie-f.org
Centre d’entrepreneuriat du Québec : http://www.cefq.ca/

Source de la photo : creditcardscanada.ca

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  • Valerie

    Il y a aussi le défi d’être une femme et aussi une mère entrepreneure. Il faut trouver l’équilibre entre les deux et c’est ce qu’apporte le réseau Mamentrepreneures. Par divers événements, les m`res en affaires peuvent trouver du soutien et des occasions de réseauter entre elles. Pour plus d’infos, http://www.mamentrepreneures.com

  • Motsdelles

    Bonjour, un article très intéressant! Pour découvrir plus de femmes entrepreneures québécoises et comprendre leurs défis, je vous invite à visiter le blogue Mots d’Elles, une plateforme d’informations, un réseau où des femmes d’affaires nous livrent leurs paroles inspirantes! Découvrez http://motsdelles.wordpress.com/

  • Pingback: Le défi des femmes entrepreneures au Québec | Lori Magazine()

  • Pierre de Blogueuse-entreprene

    Félicitations à ces entrepreneuses. En France il me semble que ça s’appelle des solo-preneuses. Toutes les blogueuses Canadiennes ont les encouragements du forum des blogueuses francophones http://blogueuse-entrepreneuse.info