Des suggestions pour développer l’entrepreneuriat à Québec

Le 8 octobre dernier avait lieu la première édition de J’entreprends Québec qui invitait les entrepreneurs à donner leurs suggestions et idées pour développer l’entrepreneuriat à Québec en plus d’indiquer à la communauté leurs besoins et leurs problèmes pour découvrir comment la communauté pourrait les aider.

Cliquez ici pour voir un résumé de l’événement en image.

L’organisateur, Keith Beaudoin, qui s’était fixé au départ un objectif de réunir une trentaine d’entrepreneurs a réussi à rassembler 125 personnes provenant de différents milieux. On y retrouvait, entre autres, des entrepreneurs avec une forte expérience dans le monde des affaires, des jeunes et nouveaux entrepreneurs en démarrage, des personnes impliquées dans des organisations clés à Québec, etc.

Voici un résumé de ce que j’ai retenu comme suggestions lors de cette rencontre. Vous remarquerez que ce n’est rien de nouveau en soi, mais s’il en est encore question aujourd’hui c’est qu’il y a des changements qui doivent être apportés dans les initiatives déjà présentes :

Mettre l’accent sur le partage d’expérience dans les événements

L’événement donnait l’occasion aux participants de s’exprimer sur différents sujets et de poser des questions à des entrepreneurs d’expérience. Ce point a été très apprécié et a confirmé ce besoin de partage.  Il n’existe pas qu’une seule façon de faire pour atteindre ses objectifs et le fait d’entendre différentes visions et parcours pour y parvenir est fort enrichissant.  C’est la meilleure façon d’apprendre, à mon avis. L’atelier portant sur la recherche d’un associé, par exemple, l’a démontré. Les animateurs m’ont partagé avoir entendu différents témoignages qui montraient que ce n’était pas toujours facile.  Cela a permis aux personnes présentes de se rappeler que les associés doivent avoir en premier lieu une vision commune et aussi qu’il était très important d’éviter de passer des étapes et d’aller trop vite. Des apprentissages pertinents sont aussi ressortis de l’atelier « Service et produit en même temps » comme, par exemple, l’importance de gérer son temps.

Favoriser les différentes façons d’être entrepreneur

L’événement a permis à certains de découvrir de nouvelles façons d’entreprendre. ll y a eu l’atelier « Engager, acheter ou vendre » où les entrepreneurs présents ont compris les différentes options qui pouvaient s’offrir à eux et des notions importantes à retenir lorsqu’il est question de vendre son entreprise, notamment le fait de saisir que la philosophie créée au départ ne sera plus la même une fois l’entreprise vendue. Il y a eu aussi l’atelier portant sur la Philanthropie. Les participants ont pu en apprendre plus sur cette forme d’entrepreneuriat et ce que c’est le Mouvement Raize, qui redonne à l’aide d’une communauté aux gens dans le besoin.

Créer plus d’occasions qui permettent aux entrepreneurs de sortir de leur zone de confort pour se développer autrement

En mettant l’accent sur le partage d’idées, besoins et problématiques, l’événement en soi a montré qu’il y avait un intérêt des entrepreneurs québécois pour se rassembler dans des contextes qui leur permettent de sortir de leur zone de confort afin de développer leur « être entrepreneur». Durant l’atelier «Passer de l’idée à l’action », les participants ont eu l’occasion de s’entraider et de se motiver autrement en se partageant des conseils pratico-pratiques afin de se lancer. C’est aussi le cas pour les discussions qui ont eu lieu autour des activités informelles. Un des animateurs m’a partagé qu’il a énuméré plusieurs occasions possibles pour permettre aux entrepreneurs d’apprendre à mieux connaître, entre autres, leurs forces et faiblesses. Comptons parmi celles-ci : des focus-groupes, des activités de plein air,  des visites d’entreprises, etc. Certaines initiatives, dont la tournée des entrepreneurs, ont été citées en exemple. Ayant personnellement assisté à la tournée des entrepreneurs, je peux valider que c’était très enrichissant comme expérience.

Réorganiser l’information existante

À l’atelier « Comment financer son projet», j’ai été surprise d’entendre que les gens posaient encore des questions concernant la définition des différents types de financements possibles pour les entrepreneurs. Ces informations sont pourtant visibles et accessibles en consultation auprès des différents joueurs importants en sensibilisation et promotion de l’entrepreneuriat, que ce soit sur le Web,  en personne lors d’une rencontre privée ou lors d’un événement public. J’ai compris qu’il y avait présentement trop d’informations qui circulent. Trop, ce n’est comme pas assez. Il est maintenant de plus en plus difficile de s’y retrouver.  Les entrepreneurs ne savent plus par où commencer. Je ne dis pas nécessairement de rassembler cette information à un seul endroit, mais de voir comment les joueurs existants pourraient collaborer davantage ensemble. Voir peut-être à se fusionner et à mieux se positionner sans être trop généraliste pour que l’on puisse repérer qui fait quoi afin de mieux guider les entrepreneurs lorsqu’ils sont à la recherche d’informations.

Créer un accélérateur / incubateur

L’atelier portant sur l’accélérateur / incubateur a validé le besoin d’avoir un point de rencontre à Québec, mais, avec un recul, j’ai l’impression que le «pourquoi» de cet établissement et les besoins réels des entrepreneurs à Québec n’ont pas été convaincants. J’ai aussi eu de la difficulté à les identifier. Les discussions m’ont donné l’impression qu’on ne savait pas encore comment le positionner. Je retiens par contre les idées suivantes qui ont été discutées : il doit avoir une niche, être traité comme une vraie entreprise en démarrage, regrouper des gens de qualité qui possèdent une riche expérience en affaires et qui sont en mesure d’aider les entrepreneurs à se concentrer sur leurs objectifs pour avoir une réelle croissance en plus de favoriser le partage d’expérience. Il y a aussi l’importance que les entrepreneurs de Québec soient impliqués dans son développement et financement.

Cesser de comparer Québec à d’autres villes

Je fais partie de ceux qui ont eu tendance à comparer Québec à d’autres villes durant l’événement. C’est vrai que ce qui se passe à Montréal et Silicon Valley au niveau de l’entrepreneuriat, surtout dans le secteur technologique, est vraiment super. Il reste par contre que Québec , c’est Québec. Notre philosophie et nos façons de faire, en général, sont très différentes des autres villes. Rien ne nous empêche de nous en inspirer. Il faut tout simplement en tenir compte dans le développement de nos initiatives.

Mes appréciations et recommandations

J’ai beaucoup apprécié l’initiative dans son ensemble, car elle me rejoint énormément dans ma façon d’évoluer dans le monde des affaires. Elle mérite, selon moi, une belle visibilité auprès de tous les entrepreneurs du Québec ( encore bravo Keith ! ). J’ai adoré également que l’organisation s’adapte en fonction des demandes des  participants et à la façon dont les différentes salles au Cercle ont été utilisées. Ce que j’ai moins aimé est que j’ai senti, à certains moments,  que certaines personnes n’étaient pas à leur place dans les ateliers proposés.  Je recommande de mettre en ligne sur le site Web J’entreprends Québec quelques conseils pour les prochaines rencontres de ce genre afin que les participants sachent à quoi s’attendre et qu’ils puissent profiter pleinement de leurs expériences et en ressortir avec des idées concrètes qui leurs permettraient d’avancer dans leurs projets. Je propose aussi, tout en gardant le concept d’inviter des entrepreneurs d’expérience, que de plus petits événements soient mis en place afin d’échanger pendant 2 heures , par exemple, sur une seule problématique que plusieurs peuvent vivre. Pour ce qui est de l’accélérateur/incubateur, je recommande de s’inspirer de l’ensemble des suggestions mentionnées plus haut. Je propose aussi de s’assurer que des consultations soient faites régulièrement auprès de différents entrepreneurs afin de mieux évaluer les besoins et services de cet établissement. Il est important qu’il soit développé par la communauté.

D’autres sujets à discuter.

Dans cet article , sur mon blogue, j’ai invité les entrepreneurs qui ne pouvaient pas assister à l’événement de me transmettre leurs idées de sujets. J’en ai reçu deux par courriel, mais je n’ai pas pu les proposer finalement, car j’ai ressenti que ce n’était pas le public cible visé et qu’il y avait déjà beaucoup de sujets proposés. Si vous êtes intéressés à participer à un petit événement à ce sujet, laissez-moi un commentaire ou contactez-moi par courriel.

– Qu’est-ce que le modèle coopératif ? Pourquoi je devrais m’y intéresser, en tant qu’entrepreneur ?

– L’entrepreneuriat pour les gens âgés entre 40 et 60 ans. Comment pousser ceux qui sont insatisfaits de leurs emplois, mais qui rêvent secrètement de changer le monde ou changer de vie, mais qui n’osent pas et, parfois, n’en parlent même pas?

Vous avez assisté à la première édition de J’entreprends Québec ? Faites-moi savoir si j’ai oublié quelque chose d’important à vous résumer de cette rencontre. Vous n’avez pas assisté à l’événement ? Partagez-moi aussi vos impressions et idées dans les commentaires.

A+

1 Commentaire

  1. Ian-Patrick

    Merci Kim pour ce super résumé! J’apprécie le travail que tu fais pour ceux qui ne peuvent pas assister aux événements!

    Concernant ta première question sur le mouvement coopératif, j’ai découvert, il y a quelques mois, le livre « 80 hommes pour changer le monde » et j’y ai découvert le concept d’entrepreneuriat social. Ce concept, à mi-chemin entre les entreprises capitalistes et les OBNL m’a amené à m’intéresser aux coopératives et à envisager à utiliser ce forme juridique comme moyen privilégié pour entreprendre certains projets. Je crois que ce modèle gagne définitivement à être (mieux) connu et qu’il peux être un puissant outil de développement d’entreprises performantes.

    J’ai écris à ce sujet sur mon blogue il y a quelques mois (http://concept-ido.com/chuamoncompte/?p=193) et demontré tous les préjugés qui se rattachaient aux coopératives, ces mal aimées 😉

    Je crois que plus on va en parler, plus de gens vont découvrir ce beau modèle d’affaire que sont les coopératives!

    Merci

    Réponse

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Kim Auclair

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