Le manque de relève chez les commerçants

Un article sur la multiplication des pancartes «À louer» à Montréal paru récemment dans  La Presse a attiré mon attention. Plus précisément le passage suivant :

« Son confrère Mike Parente ajoute à cette liste le manque de relève entrepreneuriale, la concurrence féroce du web et les problèmes de stationnement (rareté des espaces et prix des parcomètres). Tout ce qu’on a entendu sur les ponts, les manifestations étudiantes et la congestion n’aident pas non plus. «Ça fait un an qu’on entend à la radio «ne venez pas à Montréal si ce n’est pas essentiel» », se désole Philippe O’dwyer, directeur général de la SDC Quartier Latin. »

Il reflète une réalité qui est très présente. Que ce soit à Montréal ou à Québec.

Gabriel Nadon, Directeur de portefeuille au Fonds de solidarité FTQ, que j’ai consultée pour en savoir plus, est du même avis : «Je pense qu’en plus du changement des habitudes de magasinage des Montréalais (les grands centres commerciaux des banlieues immédiates Nord et Sud changent la donne énormément depuis quelques années). Le problème vient du manque de relève et du peu d’intérêt des jeunes pour le commerce au détail. » dit-il.

Pour attirer des jeunes, que ce soit des clients ou des gens intéressés à reprendre les commerces existants, les commerçants doivent adapter leurs services en fonction de leur réalité. Mon père, par exemple, gère un commerce de vente d’aspirateurs et de machines à coudre. Depuis quelques années, il a ajouté un service d’aiguisage de patins qui fonctionne très bien. J’ai remarqué rapidement qu’il attire une clientèle très diversifiée et je crois que c’est ce qui fait qu’il est encore en activité aujourd’hui comparativement à plusieurs de ses concurrents.  M. Nadon me disait : «Bien sûr faut-il que le commerce soit rentable pour attirer des jeunes repreneurs, ce qui n’est pas évident de nos jours. Les grands centres commerciaux qui logent des commerces des plus diversifiés et regroupés dans un seul lieu avec un stationnement accessible et gratuit et des magasins modernes aménagés au goût de l’heure, vastes et lumineux sont attirants et livrent au petit commerçant une chaude concurrence. En plus des campagnes de sensibilisation importantes , il faut ramener les clients potentiels vers les petits commerçants. À mon avis ces deux actions sont nécessaires pour assurer la survie de ces commerces. »

Comment sensibiliser les commerçants établis au transfert d’entreprise ? Ces petits commerçants qui  n’ont pas nécessairement de contacts et d’information sur l’entrepreneuriat et les nouvelles technologies. Nous avons beau écrire différents articles sur le sujet, mais nombreux ne sont pas au courant des différentes possibilités qui leur sont offertes. Mon père a la chance de me côtoyer. Je reçois beaucoup d’information au sujet de l’entrepreneuriat de mes clients. Je lui partage donc différentes lectures pour le sensibiliser. De plus, depuis l’ouverture de l’Espace Niviti, qui est localisée dans sa bâtisse, nous nous sommes rapprochés beaucoup. Il m’a déjà confié qu’il aimerait bien que son entreprise soit toujours active dans plusieurs années, mais me répète toujours qu’il n’a pas autant d’énergie qu’avant. Est-ce qu’il vendra ou fera un transfert de son entreprise lorsque le temps sera venu de prendre sa retraite ? ce n’est pas clair encore.  J’ai le sentiment, par contre, qu’il s’intéresse de plus en plus aux nouvelles technologies que j’utilise. Par exemple, il ma demandée de lui ouvrir une page Facebook. Il s’est aussi acheté un iPad et montre un intérêt sur différents sujets en lien avec le monde des affaires.

Je me dis souvent que la situation de mon père ressemble à celle de plusieurs commerçants actuellement.

J’aimerais beaucoup vous lire à ce sujet. Quelles idées proposeriez-vous aux commerçants qui ne sont pas dans le réseau de l’entrepreunariat et des nouvelles technologies afin qu’ils gardent leur entreprise en activité ? Fermer est-il la meilleure solution qu’ils ont ?

4 Commentaires

  1. Guillaume Maison

    Ce n’est pas pour proposer une idée, mais juste pour dire que ce problème se pose également en france. A la fois dans la relève (y aurait-il un manque d’attrait ?) que dans la réflexion de la transmission d’entreprise (les commerçants ont-ils jamais réfléchi à « l’apres » ?).

    Réponse
    • Kim Auclair

      C’est fort possible qu’ils n’aient pas eu l’occasion de penser après.

      Réponse
  2. Eric Lavoie-Trudel

    Les entreprises vont devoir se spécialiser dans un secteur de niche ou être dans les bannières commerciaux. Le magasin de niche devra avoir une excellente réputations localement pour survivre, comme les boulangerie et les boucherie de quartier.

    Ces boutiques spécialiser sont capable d’offrir plus de choix, de saveur, de s’adapter au gout des clients très rapidement, ce qui lui laisse une chance pour se développer et rester en activité. Une présence sur le web est un bonus pour aller chercher une plus grande visibilité, plus de clients, et plus de ventes, dans sa ville/région/province.

    Lorsque la réputation est très bonne, il a les franchises qui permet de grandir et de tomber tranquillement dans le secteur des bannières commerciaux.

    Réponse
  3. Fanny Rooseboom

    Bonjour!

    Selon moi, il faudrait qu’ils identifient leur relève et se préparent environ 3 ans avant leur retraite. Cela éviterait une fermeture et assurerait la pérennité du commerce (si il y a potentiel). Par contre, c’est loin d’être chose facile!
    Nous vivons exactement la même situation lorsque nous sommes à la recherche d’une entreprise n’étant pas un commerce. Nous savons qu’il y en a de disponibles mais arrivons difficilement à les trouver! Il existe des endroits comme le CTE (centre de transfert d’entreprise) et autres mais il faut que plus d’événements soient organisés pour que des rencontres aient lieu. Dommage de savoir que de belles entreprises et commerces pensent fermer, faute de relève et d’aide!

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Kim Auclair

Salut! Moi c'est Kim
Mon talent et mon travail est d’aider les entrepreneurs et travailleurs autonomes à se faire connaître dans les médias et multiplier les opportunités d’affaires. En savoir plus sur moi



Travailler avec Kim Auclair