3 constats d’un futur repreneur

Présentement chauffeur de camion aux États-Unis, Mathieu Dupuis-Fréchette est un jeune entrepreneur à la fin de la vingtaine qui recherche actuellement une entreprise à vendre dans la région de Granby. Son rêve est d’avoir plusieurs garages de camions et d’autos.

Il m’a récemment contacté après avoir lu un de mes articles portant sur la relève et le transfert d’entreprise.  Il m’a parlé de son désir d’acheter une entreprise et des démarches qu’il avait effectuées afin d’aller chercher le plus d’informations possible sur les différentes options qui pouvaient s’offrir à lui. Il m’a, entres autres, fait part des constats qu’il a réalisés jusqu’à présent. J’ai jugé utile de vous les partager sous forme de réflexions en prenant soin de demander l’avis de Gabriel Nadon, Directeur de portefeuille au Fonds de solidarité FTQ.

Les voici :

Les jeunes qui veulent acquérir des entreprises, ce n’est pas si rare que ça

Contrairement à ce que Mathieu m’a partagée et ce que d’autres entrepreneurs peuvent croire, beaucoup de jeunes sont intéressés à reprendre des entreprises.

«Contrairement aux conclusions de deux études du MDEIE et de la Fondation de l’entrepreneurship qui prévoyaient en 2010 que nous aurions une pénurie importante de repreneurs d’ici 2018 (MDEIE) et 2020 (Fondation), nous vivons plutôt la situation inverse sur le terrain présentement. Il y a un excédent de repreneurs pour le nombre d’entreprises à vendre. Les cédants hésitent encore avant de mettre la pancarte  » à vendre  » devant leurs bureaux. J’ai personnellement une liste de près d’une centaine de personnes à l’affût d’opportunités de reprises. » me précise Gabriel Nadon.

Les jeunes repreneurs ne connaissent pas tous les types de financements disponibles pour eux

Mathieu m’a informée qu’il a trouvé très difficile de trouver du financement « Même avec des moyens qui sont plus grands que la moyenne des jeunes de mon âge, je ne réussis pas à aller chercher suffisamment de financement pour acquérir une entreprise avec un certain potentiel d’avenir.» Gabriel Nadon confirme que le financement est le nerf de la guerre. Pourtant, me dit-il, il existe plusieurs produits financiers pour aider les jeunes à acheter des entreprises. En exemple, Il cite le  Fonds Relève Québec qui permet aux acheteurs, quel que soit leur âge, de doubler leur mise de fonds grâce à un prêt personnel (ou à la cie de gestion de l’acheteur) du même montant que la mise de fonds.

M. Nadon poursuit en m’expliquant qu’un jeune qui dispose d’une mise de fonds entre 50 000 $ et 200 000 $ (maximum 500 000 $ par entreprise s’ils sont plusieurs) pourrait bénéficier d’un prêt du même montant, sans garanties sinon les actions achetées en vertu du projet, remboursable sur 7 ans dont les deux premières peuvent être sans remboursement de capital, à un taux fixe avantageux de 6,25% si le déboursé avait lieu aujourd’hui.

Il précise qu’il y a quelques conditions toutefois à respecter. L’acheteur doit d’abord être actif dans l’entreprise. Le vendeur ne doit pas détenir la majorité des actions au terme de la transaction. Le Fonds Relève Québec ne s’adresse donc pas à un acheteur possédant seulement 20 ou 30 % des actions.

En plus de ce prêt, un investissement équivalant à deux fois le montant du prêt sera fait dans l’entreprise achetée par un des trois fonds fiscalisés : Desjardins Capital de risque, Fondaction CSN ou le Fonds de solidarité FTQ qui sont les trois portes d’entrées possibles pour ce produit financier.

L’exemple qu’il me donne est le suivant :

Mise de fonds de l’acheteur : 75 000 $
Fonds Relève Québec : 75 000 $
Investissement d’un des fonds fiscalisés : 150 000 $
Total : 300 000 $

À ce montage financier s’ajoute le financement garanti de la banque selon les garanties disponibles dans l’entreprise achetée.

«D’autre part, des sociétés de capital de risque offrent aussi des outils financiers pour aider ces situations. Par exemple, les 85 Fonds locaux de solidarité FTQ (gérés par des CLD) peuvent participer au financement par voie de prêts non garantis (débenture) pour des montants variant de 5 000 $ à 100 000 $. Plusieurs organismes de développement économique, comme les CLD, CADC, la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs,etc, offrent aussi des financements pour les jeunes acheteurs d’entreprise. Il faut souligner qu’en plus de sa mise de fonds, l’atout le plus important d’un jeune qui désire acheter une entreprise est son expertise dans le secteur visé. Il sera plus crédible face à des partenaires financiers éventuels s’il connaît bien l’industrie dans laquelle il veut aller.» – ajout-il .

Les jeunes entrepreneurs veulent être accompagnés lors du transfert

Lors de son témoignage, Mathieu me confiait  que même s’il avait les moyens d’acheter une entreprise d’un demi-million, qu’il n’aurait pas nécessairement l’expérience en ce moment pour diriger convenablement, il y a tellement de choses à apprendre. ». Je trouve qu’il a raison et M. Nadon est aussi du même avis. Dans mon article « Trois façons positives de voir le transfert d’entreprise  » sur le blogue de la fondation de l’entrepreneurship, j’encourage le cédant à rester afin d’assurer le transfert de ses connaissances. En étant trop pressé, un vendeur peut mettre en péril la survie de son entreprise. M. Nadon me rappelle toutefois que chaque cas de transfert est unique et que la plupart du temps les vendeurs sont souvent prêts à rester pour accompagner quelques temps les jeunes qui les remplacent pour agir comme mentor par la suite.

Et vous ? êtes-vous un jeune qui souhaite acheter une entreprise? Qu’est-ce qui vous inquiète ou vous préoccupe dans cette démarche ? Quels sont vos défis ?

1 Commentaire

  1. Paul Ross

    Bonjour Kim

    Article fort intéressant. Je n’étais pas au courant de l’existence de ces fonds. Le processus est-il laborieux pour les obtenir ? Sais-tu si ils sont aussi accessible a une entreprise qui aimerait prendre de l’expansion par acquisition ?

    Merci pour ce billet. J’ai bien apprécié 😉

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